L’Etat à le devoir d’assurer la sécurité en veillant…, à la protection des personnes et des biens. (Article 111-1 du Code de la sécurité intérieure).

Le week-end s’est achevé et nous demeurons effarés par les crimes et délits commis, qui ne font l’objet ni d’un suivi sérieux, ni de poursuites réelles, et qui perdurent, presque par la force des choses.

D’abord, il y a la terrible affaire Lyhanna. Tout a déjà été dit à son sujet. Par respect et par pudeur envers la famille, nous ne la commenterons pas davantage, au risque pourtant d’être particulièrement critiques et virulents à l’égard de ceux qui ont failli à leur devoir.

Nous sommes également consternés par la décision rendue ce week-end concernant nos deux collègues policiers blessés, dont l’un grièvement, par l’auteur du vol à l’arraché d’un collier en or et de son pendentif sur une femme, commis de nuit dans le XVIIe arrondissement de Paris au cours de la semaine. En situation irrégulière, sous OQTF, cet individu a été remis en liberté avec une simple convocation.

Policiers et gendarmes, en contact quotidien avec la population et confrontés comme nul autre à l’évolution de la société, alertent depuis de nombreuses années sur les dérives et les risques à venir. Malheureusement, ces alertes ne sont pas prises au sérieux, ou si peu. Certains parmi « l’élite » les minimisent, d’autres les nient ; tous finissent par dénigrer la parole des femmes et des hommes de terrain, qui ne sont pas entendus.

Malgré toute la bonne volonté des forces de l’ordre, nous ne parviendrons pas à faire respecter le cadre et les lois si chacun ne rame pas dans le même sens. Ces dernières années, lorsque des fautes sont reprochées ou commises par des policiers ou des gendarmes, elles sont sévèrement sanctionnées au nom de l’exigence d’exemplarité et d’irréprochabilité. Cette règle ne peut pas valoir seulement contre les policiers et les gendarmes, eux qui, parfois, n’ont qu’une fraction de seconde pour décider.

Victoire du PSG, défaite des pouvoirs publics

« Courageux » individu qui attaque une policière dans le dos.

Policiers blessés

Manque de munitions

Mobilier urbain détruit

Rues saccagées

Forces de l’ordre attaquées, entravées, épuisées

Absence de fermeté

Politique de l’excuse

policier blessé

Dans une France en ébullition, où plus aucun territoire n’est désormais épargné, où les émeutes et le chaos tendent à devenir la norme, certains persistent pourtant à minimiser la gravité des faits en imposant une lecture biaisée de la situation. Tandis qu’ils parlent de victoire et de scènes de liesse, la réalité est tout autre : des policiers sont blessés, des innocents sont victimes, les violences se multiplient et s’aggravent d’événement en événement. Les scènes d’émeutes explosent, le chaos s’installe et cela traduit un véritable échec des pouvoirs publics face à des comportements barbares que plus rien ne semble enrayer.

Comme cela a été le cas lors des Jeux olympiques de Paris, au cours desquels nos homologues policiers étrangers sont venus renforcer nos effectifs, peut être devrait on envisager et recourir à un renfort exceptionnel de policiers étrangers et s’inspirer de leurs méthodes réellement dissuasives, utilisées dans d’autres pays européens, pour enfin rétablir l’ordre, éradiquer ces phénomènes et retrouver un peu de sécurité dans les rues parisiennes.

Deux questions nous taraudent à cet instant :

1) Quel est le coût et qui va payer (sachant que les budgets sont insuffisants et sans cesse restreints dans nos services publics par exemple)?

2) Qui, des voyous ou des policiers, sera finalement poursuivi ?

Nouveau drame dans la police

C’est avec une immense stupeur que nous apprenons, une nouvelle fois, le suicide de l’un des nôtres. Ce matin, à Nantes, un major de police a mis fin à ses jours dans les vestiaires du commissariat, avec son arme de service. Âgé de 51 ans, marié et père de trois enfants, il semblait, selon des sources proches, « ne pas aller bien depuis plusieurs mois ». Une enquête sera diligentée afin de faire toute la lumière sur les raisons de ce suicide.

Nos pensées vont naturellement à sa famille, à ses proches et à ses amis. Nous leur adressons nos sincères condoléances dans cette épreuve douloureuse.

Depuis le début de l’année, au moins huit suicides ont déjà frappé la police.

Chaque situation est différente, et nous ne faisons aucun lien direct entre le suicide de ce policier et le sujet que nous abordons ensuite. Mais une réalité s’impose : de plus en plus d’agents, en particulier des policiers, nous disent qu’ils vont mal. Derrière ces souffrances, il y a des causes personnelles, bien sûr, mais aussi des causes professionnelles, souvent étroitement mêlées.

Ce que ces agents nous décrivent est grave. Ils évoquent des difficultés profondes, rarement réglées, au sein même de l’institution. Des difficultés pourtant signalées, relayées, dénoncées par les représentants du personnel. Puis vient le moment où certains s’effondrent. Et là commence, pour eux, une véritable descente aux enfers : absence d’accompagnement malgré les consignes répétées de la direction générale de la police nationale ; convocations à répétition devant la médecine statutaire pendant des arrêts en « CMO », notamment en cas de burn-out ou de dépression ; pressions pour reprendre au plus vite, alors même que l’agent reste fragile, parfois encore sous traitement, et que le médecin spécialiste estime que la guérison n’est pas acquise. À cela s’ajoutent des témoignages accablants : mise à l’écart, isolement, placardisation, voire ostracisme après des consignes verbales. Pour beaucoup, non seulement la souffrance n’est pas prise en charge, mais elle est aggravée; qui plus est depuis que ces difficultés sont systématiquement accompagnées d’une perte importante de revenus aux conséquences graves.

Le constat est sans appel : malgré les directives du ministère de l’Intérieur sur la prévention du suicide dans la police, leur application reste trop souvent insuffisante dans les directions départementales, les services locaux et les différents services. Oui, les réunions se tiennent. Oui, les affichages sont en place. Oui, les sentinelles sont « briffées » et les signalements sont parfois effectués. Mais après, comment cela se concrétise dans les faits ? Que dire du management; du manque d’écoute et d’empathie, du manque de confiance et de respect, de l’absence de bienveillance et d’encouragement ? Des valeurs aujourd’hui disparues dans le discours et dans les actes.

Nous réclamons que la question du suicide dans la police soit érigée en cause nationale. C’est à cette condition que pourront être pleinement abordées les causes profondes de ce mal-être : des conditions de travail inadaptées, un management défaillant, la paupérisation des agents des catégories B et C, le traitement médiatique, les accusations politiques visant les personnels, ainsi que les répercussions de cette stigmatisation sur leur place et leur image dans la société.